Flat tax 2026 : comment sont imposés vos livrets et placements
Depuis le 1er janvier 2018, les revenus de l'épargne sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU), communément appelé flat tax, au taux global de 30 %. Cette mesure a simplifié la fiscalité de l'épargne mais a aussi modifié les calculs de rentabilité pour de nombreux épargnants. En 2026, comprendre le fonctionnement de la flat tax est essentiel pour optimiser ses placements. Voici notre guide complet.
Qu'est-ce que la flat tax ?
La flat tax, ou PFU, est un prélèvement forfaitaire de 30 % qui s'applique aux revenus du capital (intérêts, dividendes, plus-values). Ce taux unique se décompose en deux parties :
- 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu
- 17,2 % au titre des prélèvements sociaux (CSG, CRDS et prélèvement de solidarité)
Le principe est simple : quel que soit votre niveau de revenus ou votre tranche marginale d'imposition, les revenus de votre épargne sont taxés au même taux de 30 %. Ce système a remplacé l'ancien mécanisme où les intérêts étaient soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, avec la possibilité d'opter pour un prélèvement libératoire.
Quels produits sont concernés par la flat tax ?
La flat tax s'applique à l'ensemble des revenus mobiliers, sauf ceux bénéficiant d'une exonération spécifique. Voici les principaux produits concernés :
- Les livrets bancaires (super livrets) : BoursoBank, Fortuneo, Distingo Bank, Cashbee et tous les comptes sur livret non réglementés.
- Les comptes à terme : tous les dépôts à terme proposés par les banques.
- Les obligations et comptes de dépôt rémunérés : y compris les rémunérations de comptes proposées par Trade Republic ou des plateformes similaires.
- L'assurance-vie : pour les produits de plus de 150 000 euros d'encours, la flat tax s'applique sur les rachats après 8 ans. En dessous de ce seuil, un taux réduit de 24,7 % s'applique (7,5 % IR + 17,2 % PS) après un abattement annuel.
- Les PEL et CEL ouverts depuis le 1er janvier 2018 : les intérêts sont désormais soumis à la flat tax.
- Les dividendes d'actions et les plus-values mobilières.
Quels produits sont exonérés ?
Certains produits d'épargne bénéficient d'une exonération totale, tant d'impôt sur le revenu que de prélèvements sociaux :
- Le Livret A : taux de 1,5 % net en 2026, totalement défiscalisé.
- Le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) : même taux et même exonération que le Livret A.
- Le LEP (Livret d'Épargne Populaire) : taux de 2,5 % net, exonéré, réservé aux revenus modestes.
- Le Livret Jeune : exonéré, réservé aux 12-25 ans.
Cette distinction est fondamentale : un taux brut de 2 % sur un super livret ne rapporte en réalité que 1,40 % net après flat tax, alors que le Livret A à 1,5 % offre ce rendement intégralement net. La fiscalité change donc considérablement la donne dans le choix entre livrets réglementés et livrets bancaires.
Règle d'or : Remplissez toujours vos livrets réglementés exonérés (LEP, Livret A, LDDS) avant de vous tourner vers des livrets bancaires soumis à la flat tax. Le rendement net est systématiquement meilleur sur les livrets réglementés.
L'option pour le barème progressif
La flat tax est appliquée par défaut, mais vous pouvez opter pour l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu lors de votre déclaration annuelle. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble de vos revenus mobiliers (intérêts, dividendes, plus-values) pour l'année en question. Vous ne pouvez pas choisir la flat tax pour certains produits et le barème pour d'autres.
L'option pour le barème est intéressante si votre tranche marginale d'imposition est inférieure à 12,8 %. Concrètement, cela concerne les contribuables non imposables (TMI à 0 %) ou ceux dont la TMI est de 11 %. Dans ces cas, l'imposition au barème réduit la part d'impôt sur le revenu, les prélèvements sociaux de 17,2 % restant dus dans tous les cas.
Exemples de calculs concrets
Pour bien comprendre l'impact de la flat tax, voici quelques exemples pratiques basés sur les taux 2026 :
| Placement | Capital | Taux brut | Intérêts bruts | Flat tax (30 %) | Intérêts nets |
|---|---|---|---|---|---|
| Super livret | 50 000 euros | 1,5 % | 750 euros | 225 euros | 525 euros |
| Compte à terme | 30 000 euros | 2,8 % | 840 euros | 252 euros | 588 euros |
| Livret A (exonéré) | 22 950 euros | 1,5 % | 344 euros | 0 euros | 344 euros |
| LEP (exonéré) | 10 000 euros | 2,5 % | 250 euros | 0 euros | 250 euros |
On constate clairement que le super livret à 1,5 % brut n'offre que 1,05 % net, bien en dessous du Livret A à 1,5 % net. Pour qu'un livret bancaire soit plus intéressant que le Livret A après flat tax, il faut que son taux brut dépasse 2,14 % (soit 1,5 % / 0,70). C'est un seuil important à garder en tête.
La fiscalité de l'assurance-vie : un cas particulier
L'assurance-vie bénéficie d'un traitement fiscal spécifique. Pour les contrats de plus de 8 ans, un abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) s'applique sur les gains avant imposition. En dessous de 150 000 euros de versements, le taux réduit de 7,5 % d'IR (au lieu de 12,8 %) s'applique, portant la taxation totale à 24,7 % au lieu de 30 %.
Ce régime favorable fait de l'assurance-vie un placement fiscalement plus avantageux que les livrets bancaires pour l'épargne à moyen et long terme, à condition de respecter la durée de détention de 8 ans et de rester sous le seuil de 150 000 euros de versements.
Conclusion
La flat tax de 30 % est un élément incontournable de la stratégie d'épargne en 2026. Elle pénalise les livrets bancaires non réglementés par rapport aux livrets défiscalisés, et doit être intégrée dans tout calcul de rendement. La règle est simple : privilégiez d'abord les livrets exonérés (LEP, Livret A, LDDS), puis considérez l'assurance-vie pour le moyen terme, et n'utilisez les super livrets qu'en complément ou pour profiter de taux promotionnels. Enfin, n'oubliez pas de vérifier si l'option pour le barème progressif est plus avantageuse dans votre situation fiscale personnelle.