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Livret A à 1,7% : pourquoi l'argent continue de sortir malgré la hausse

Un livret dont le taux augmente devrait attirer l'épargne, pas la faire fuir. C'est pourtant ce qui se passe depuis janvier 2026 : plus de 5 milliards d'euros ont quitté le Livret A et le LDDS, selon les statistiques mensuelles de la Caisse des Dépôts — dont 5,6 milliards rien qu'entre janvier et mai. La hausse à 1,7% au 1er août, la première depuis février 2023, n'a pas inversé la tendance. Le rendement réel, une fois l'inflation retranchée, permet de comprendre pourquoi.

Le taux nominal monte, le pouvoir d'achat baisse

Sur le papier, 1,7% net, c'est mieux que les 1,5% appliqués depuis février. Le problème vient de l'autre côté de l'équation : l'inflation. Selon l'Insee, elle tournait autour de 2,4% sur un an en mai 2026. Un Livret A à 1,7% face à une inflation à 2,4%, c'est un rendement réel de -0,7% : chaque euro placé perd du pouvoir d'achat, même en encaissant des intérêts chaque quinzaine.

Concrètement, pour 7 000 € placés sur l'année :

Poste Montant
Intérêts perçus (1,7%) 119 €
Perte de pouvoir d'achat (inflation 2,4%) 168 €
Rendement réel net -49 €

L'épargnant voit son solde augmenter de 119 € sur son relevé, mais son pouvoir d'achat réel a reculé de 49 €. C'est ce décalage entre le taux affiché et le taux ressenti qui explique la décollecte.

Une décollecte qui n'a rien de nouveau

Le phénomène n'est pas né en 2026. Le Livret A est resté gelé à 3% entre février 2023 et janvier 2025, alors que l'inflation dépassait 5% sur cette période — soit un rendement réel proche de -2%, bien pire qu'aujourd'hui. Les épargnants qui arbitrent aujourd'hui vers d'autres supports ne réagissent pas à un accident isolé : ils tirent les conséquences de trois ans de rendement réel négatif quasi continu sur l'épargne réglementée.

LEP : la seule épargne sans risque qui bat l'inflation

Le contraste est net avec le Livret d'Épargne Populaire, resté à 2,5% net alors que sa propre formule de calcul aurait dû le faire glisser vers 2,2%. Avec une inflation à 2,4%, le LEP affiche un rendement réel positif d'environ +0,5% — le seul placement garanti et défiscalisé du marché dans ce cas. Le détail des conditions d'éligibilité (revenu fiscal de référence, plafond à 10 000 €) est dans notre guide complet du LEP 2026.

Ce que ça change pour l'arbitrage de votre épargne

Support Taux affiché Rendement réel (inflation 2,4%)
LEP (éligibles) 2,5% net +0,5%
Assurance vie fonds euros (moyenne 2026) ~2,9% brut proche de 0% après PS
Livret A / LDDS 1,7% net -0,7%
Super livrets, taux de base moyen 1,62% brut -1,2% environ

Le Livret A et le LDDS restent malgré tout incontournables pour un usage précis : la trésorerie de sécurité disponible à tout moment, sans risque de perte en capital. Ce n'est pas un problème que ces livrets perdent légèrement en pouvoir d'achat — c'est le prix de la liquidité totale. L'erreur serait de les traiter comme un placement de rendement plutôt que comme un matelas de sécurité.

Pour le surplus au-delà des plafonds (22 950 € Livret A, 12 000 € LDDS), deux leviers restent pertinents : la rotation des livrets boostés qui offrent 4 à 5% brut pendant deux à trois mois, ou un fonds monétaire comme Spiko, dont notre comparatif face aux ETF monétaires détaille le rendement net réel.

Mon avis

La décollecte de 2026 n'est pas une panique irrationnelle, c'est un ajustement logique. Un rendement réel négatif pendant trois ans a appris aux épargnants à regarder au-delà du taux affiché — et c'est une bonne chose. La hausse à 1,7% est réelle et bienvenue, mais elle ne change pas la nature du Livret A : un outil de liquidité, pas un moteur de patrimoine. Pour faire réellement croître son épargne sur la durée, il faut regarder plus loin que les livrets réglementés — investissement.cash propose des pistes de diversification patrimoniale pour l'épargne qui dépasse le simple matelas de précaution.

Gardez le Livret A plein pour dormir tranquille, le LEP si vous y êtes éligible, et construisez le reste ailleurs.