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Indemnité de rupture conventionnelle : où la placer en 2026

Le virement tombe un mardi : 30 000 € d'indemnité de rupture conventionnelle, plus le solde de tout compte. Le contrat est terminé, le prochain emploi n'est pas signé, et cet argent doit tenir quelques mois sans qu'on sache combien. C'est une situation où le rendement compte moins que la disponibilité, mais où laisser la somme sur un compte courant à 0 % coûte quand même plusieurs centaines d'euros.

Le vrai problème : l'incertitude sur la durée

Un placement classique se choisit selon un horizon. Ici, l'horizon est flou : trois mois si un recruteur répond vite, dix-huit si le secteur est bouché. D'où une règle simple : on ne bloque que ce dont on est certain de ne pas avoir besoin.

Deux points à vérifier avant de placer quoi que ce soit :

Un exemple chiffré : 30 000 € et 2 000 € de dépenses mensuelles

Prenons un cadre de 38 ans qui dépense 2 000 € par mois et reçoit 30 000 €. On découpe en trois poches selon l'échéance.

Poche Montant Support Taux Gain net annuel
Disponible tout de suite (6 mois) 12 000 € Livret A 1,7 % 204 €
Disponible sous 48 h 10 000 € Compte rémunéré ou super livret 2 % brut 137 €
Non utilisé avant 12 mois 8 000 € Compte à terme 12 mois 2,3 % brut 126 €

Le calcul net applique le prélèvement forfaitaire de 31,4 % hors livret réglementé : 200 € bruts deviennent 137 €, 184 € bruts deviennent 126 €. Total : environ 467 € par an, contre 15 € si les 30 000 € dormaient à 0,05 %. Sur les six mois où l'argent est réellement mobilisé, comptez la moitié, soit un peu plus de 230 €.

Ce n'est pas une fortune, mais c'est le prix d'un mois de courses offert par une demi-heure de démarches.

Poche 1 : les livrets réglementés d'abord

Le Livret A et le LDDS sont exonérés d'impôt et retirables à tout moment. Pour une réserve de six mois de dépenses, c'est le socle. Si vous avez déjà de l'épargne de précaution, voir le montant idéal avant de tout reverser dessus.

Un détail souvent oublié : un retrait avant la fin de la quinzaine fait perdre les intérêts de la quinzaine entamée. Pour les gros retraits prévisibles, prélevez avant le 1er ou le 16 du mois.

Poche 2 : un compte rémunéré pour l'entre-deux

Cette tranche est celle dont vous pourriez avoir besoin dans les trois à six mois. Un compte rémunéré sans plafond serré ou un livret non réglementé à taux permanent fait l'affaire. L'intérêt est fiscalisé, mais la liquidité reste quasi totale. Évitez les offres boostées qui retombent à 0,8 % au bout de deux mois si vous n'avez pas le temps de surveiller : un taux de base de 2 % toute l'année vaut mieux qu'un 5 % de trois mois suivi d'un oubli.

Poche 3 : le compte à terme, avec modération

Un compte à terme 12 mois rapporte un peu plus, mais la sortie anticipée entraîne des pénalités. Avant de signer, relisez les règles de pénalité. Ne placez ici que la part dont vous êtes sûr, c'est-à-dire ce qui resterait même si vous retrouviez un emploi en décembre ou en août.

Impôts : ce qui change vraiment

L'indemnité de rupture conventionnelle est en grande partie exonérée d'impôt sur le revenu dans les limites légales, mais ses intérêts, une fois placée sur un support non réglementé, redeviennent imposables comme toute épargne. Pendant une année de revenus en baisse, comparer PFU et barème progressif peut valoir le coup : si votre tranche marginale tombe à 11 %, le barème devient plus avantageux que les 12,8 % d'impôt du PFU.

Ce qu'il vaut mieux éviter

Et si le nouvel emploi arrive vite ?

Dans ce cas, la poche 3 se transforme en apport pour un projet ou en renfort de la poche 1. Rien n'est perdu : les trois supports restent compatibles avec une reprise d'activité, puisqu'aucun n'impose de blocage long.

L'ordre est toujours le même : disponibilité d'abord, rendement ensuite. L'indemnité n'est pas un capital à faire fructifier, c'est un matelas pour traverser une transition, et le bon placement est celui qui vous laisse décider de la durée.