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CEL 2026 : taux à 1,25 % dès le 1er août — faut-il en ouvrir un ?

Le Compte Épargne Logement suit mécaniquement le Livret A : son taux est fixé à deux tiers du taux du Livret A, arrondi au quart de point le plus proche. Résultat : avec la hausse du Livret A de 1,5 % à 1,7 % au 1er août 2026, le CEL remonte de 1 % à 1,25 % brut.

C'est une bonne nouvelle sur le papier. Mais les apparences sont trompeuses : contrairement au Livret A, les intérêts du CEL sont fiscalisés. Et quand on fait les calculs, l'écart de rendement est éloquent.


1,25 % brut = 0,86 % net : le vrai rendement du CEL

Les intérêts du CEL sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 31,4 % (12,8 % d'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux + 1,4 % de contributions annexes). Ce taux s'applique automatiquement, sauf option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu.

Calcul net :

Soit moins de 1 % net réel. Pour comparaison, le Livret A monte à 1,7 % net au même moment — totalement exonéré, sans plafonnement d'une fiscalité.

L'écart est de presque un point de rendement. Sur 10 000 €, cela représente une différence de 84 € par an en faveur du Livret A.


Comparatif des placements sécurisés au 1er août 2026

Produit Taux net effectif Plafond Liquidité
LEP 2,50 % net 10 000 € Immédiate
Livret A 1,70 % net 22 950 € Immédiate
LDDS 1,70 % net 12 000 € Immédiate
Ramify ~1,41 % net 10 M€ Immédiate
Distingo Bank ~1,37 % net Illimité Immédiate
PEL (ouvert en 2026) ~1,37 % net 61 200 € Bloqué
Livret Jeune min 1,70 % net 1 600 € Immédiate (si -25 ans)
CEL ~0,86 % net 15 300 € Immédiate

Le CEL se retrouve en queue de peloton pour l'épargnant qui cherche du rendement. Il est même moins rémunérateur que le PEL — qui lui-même peine à justifier son blocage face au Livret A.


Calcul concret : 5 000 € sur 18 mois

Pour bénéficier du prêt CEL (voir ci-dessous), il faut épargner au minimum 18 mois et générer au moins 37 € d'intérêts bruts (ou 22,5 € pour des travaux d'économie d'énergie).

Voici ce que génèrent 5 000 € sur 18 mois dans chaque produit :

CEL à 1,25 % brut :

Livret A à 1,7 % net (même durée) :

Différence : 63 € de moins sur le CEL pour la même somme et la même durée. Et 93 € bruts suffisent bien à déclencher les droits à prêt.


Le seul argument du CEL : le prêt à 2,75 %

Si le taux d'épargne du CEL est médiocre, son vrai intérêt se cache ailleurs : le droit à prêt immobilier. Après 18 mois de fonctionnement, le CEL ouvre accès à un crédit immobilier à taux fixe égal à CEL + 1,5 %, soit :

Les taux de marché sur 15 ans tournent autour de 3,1 % à 3,5 % pour un bon profil en juillet 2026. Le prêt CEL est donc 0,35 à 0,75 point en dessous du marché.

Limites à connaître :

Un exemple concret : vous devez financer 20 000 € de travaux de rénovation. Un prêt personnel classique coûterait environ 4,5–6 %. Avec le prêt CEL à 2,75 % sur 5 ans, vous économisez 700 à 1 500 € sur la durée totale du crédit.

Pour des travaux de faible montant, c'est la meilleure option sur le marché — à condition d'avoir ouvert le CEL au moins 18 mois avant d'en avoir besoin.


Les contraintes à garder en tête


Notre verdict : ouvrir ou non un CEL en août 2026 ?

Oui, si :

Non, si :


La hausse du CEL à 1,25 % est réelle, mais symbolique du point de vue de l'épargnant pur. Ce produit vit et meurt par son droit à prêt. Si vous avez un projet travaux en tête pour 2027-2028, ouvrez-en un maintenant avec 300 € — le minimum requis. Dans 18 mois, vous pourrez emprunter jusqu'à 23 000 € à 2,75 %, un taux que le marché libre ne vous offrira probablement pas.

Marc Delaunay est analyste financier indépendant, spécialisé en épargne et finance personnelle depuis 2011.